Une photo, une histoire : L’écosystème de Bebour-Bélouve

Plus de 60 espèces d’orchidées ont été recensées dans la forêt de Bébour, dont une large partie est endémique. L’écosystème de Bebour-Bélouve est très riche, surtout en plantes épiphytes (épiphyte vient du grec : « à la surface de la plante »). Une plante, ça pousse forcément dans la terre! Eh bien non, de nombreuses plantes n’ont pas besoin de terre pour pousser. De l’eau, un support, elles n’en demandent pas plus. Ces plantes sont vraiment étonnantes, elles utilisent d’autres plantes comme support pour pousser. Ce ne sont en aucun cas des plantes parasites car elles ne prélèvent aucun aliment sur leur hôte. Elles prélèvent les sels minéraux dans l’humus qui peut se former à la base des branches ou à partir des particules et gaz adsorbés ou solubilisés dans la pluie et les rosées. Quant à l’eau, indispensable à la photosynthèse, les épiphytes sont capables d’absorber l’humidité de l’air ambiant et/ou stockée dans des « réservoirs » lors des pluies ou à partir de la rosée. Sans aucun contact avec le sol, les plantes épiphytes trouvent tout de même de quoi vivre, croître et se multiplier! On connaît dans le monde plus de 30.000 espèces épiphytes, ce qui montre que ces plantes ne sont pas rares dans le règne végétal.

Dans la majorité des cas, les plantes épiphytes sont originaires des forêts tropicales humides. Pour survivre, ces plantes se sont adaptées pour prendre de la hauteur afin de trouver la lumière indispensable à leur développement. Leurs chances de survie se sont ainsi multipliées en bénéficiant de plus de lumière, plus de pluie et d’insectes pollinisateurs pour féconder leurs fleurs, plus de vent pour disséminer leurs graines. Leurs morphologies se sont adaptées à leur stratégie. Les orchidées épiphytes ont par exemple des racines aériennes recouvertes d’un vélum très absorbant, D’autres épiphytes comme certaines espèces de tillandsias sont couverts de poils absorbants. D’autres encore se sont spécialisées dans l’art d’accumuler l’eau de pluie avec un organe de stockage de l’eau.

La plupart des mousses sont épiphytes. Elles recouvrent rapidement les troncs. Les orchidées sont certainement les épiphytes les plus courantes et cette vaste famille compte au moins 70% de plantes épiphytes. La plupart des orchidées d’intérieur que vous avez poussent essentiellement dans les arbres dans leur milieu naturel. Les broméliacées sont aussi épiphytes. Certaines lianes ont une première phase épiphyte, avant d’envoyer des filaments vers le sol où ils s’enracineront. Les lianes peuvent elles même être recouvertes d’épiphytes. De nombreuses fougères sont épiphytes et peuvent elles devenir le support d’autres épiphytes comme le font les mousses et les lianes. Plusieurs épiphytes peuvent successivement pousser les uns sur les autres et accumuler tellement d’eau dans les forêts tropicales pluvieuses, que le support (la branche) fini par casser sous le poids de plusieurs tonnes d’eau accumulées dans les mousses et broméliacées. Ainsi, des écosystèmes suspendus complexes se constituent au fil du temps, et dans les forêts tropiques, certains invertébrés amphibiens peuvent vivre toute leur vie et pendant plusieurs générations, sans jamais descendre au sol, juste en buvant et pondant leurs oeufs dans l’eau accumulée dans les broméliacées.

Vous pouvez voir toutes mes photos disponibles dans Ma banque d’images.

 

photographe mariage la reunion
Tamarin des hauts recouvert d'epiphytes sur le sentier La Vierge - 4 février 2007

 

photographe mariage la reunion
Version Noir & Blanc de Tamarin des hauts recouvert d'epiphytes sur le sentier La Vierge - 4 février 2007

 

photographe mariage la reunion
Version Sépia de Tamarin des hauts recouvert d'epiphytes sur le sentier La Vierge - 4 février 2007

 

 

Dernière mise à jour : 19 février 2018

Laisser un commentaire