Une photo, une histoire : Piton Papangue et Piton Canal

photographe mariage la reunion
Piton Papangue et Piton Canal - 15 août 2008

 

Ce très joli coin c’est Grand Place l’Ecole. A gauche c’est le piton Papangue, et à droite le Piton Canal. En bas à gauche se trouve l’école de Grand Place construite en 1986 pour remplacer l’ancienne école de Cayenne. Maintenant vous voyez les 3 cases aux murs bleus au centre? Elles sont très bien placées, juste où il faut. Mr Henri Pausé, 1er facteur de Mafate de 1904 à 1943, était originaire de Mare à Vieille Place à Salazie. D’abord garde champêtre en 1901 (sources http://www.reunionnaisdumonde.com/spip.php?article5881), il distribua aussi le courrier dans Mafate. Il acheta ce terrain en 1926 pour s’y installer avec sa seconde épouse. Le titre de propriété a ensuite été transmis à Ivrin Pausé. Vous pouvez voir toutes mes photos disponibles dans Ma banque d’images.

Un unique propriétaire à Mafate – Mr Ivrin Pausé, qui a été également l’un des facteurs de Mafate, est le seul et unique propriétaire restant à Mafate, à la différence des autres habitants de Mafate vivants sous le système de concession. Il détient le titre de propriété que lui a transmis son père, et c’est sur son terrain privé qu’il a construit sa boutique en 1960, puis son gîte en 1999. Il y avait aussi une autre propriété privée : l’ancienne propriété Lemarchand/Leyritz, devenue par la suite Fleurié, mais elle a été rachetée dans les années 1950 par le Domaine. Toutes les autres familles installées dans Mafate sont des locataires de l’ONF et payent annuellement leur concession. Il faut se rappeler que le peuplement de Mafate s’est faite de manière anarchique et sauvage après le marronage et la fin de l’esclavage en 1848. Les créoles et en particulier des petits blancs des hauts sans le sous commencèrent à s’installer dans Mafate de façon anarchique. Ils n’ont pas d’argent, ils s’installent sans titre de propriété et s’approprient des terres qu’ils déboisent et défrichent, détruisant ainsi la végétation originelle du cirque.

La chasse aux installations illégales – Créé en 1874, le service des Eaux et Forêts commence à réprimer ces occupations illégales et catastrophiques. Puis la politique du Domaine va se durcir en 1880 afin de récupérer les terres occupées et lutter contre l’érosion par reboisement. De nombreux habitants quittent le cirque durant les 100 ans qui s’écoulèrent suite non seulement aux nombreuses expulsions, mais aussi à suite à certains événements tels que la disparition de la station thermale de Mafate les Eaux en 1913, la départementalisation en 1946, la crise du géranium dans les années 1960, le cyclone de 1948 pendant lequel Mafate paya un lourd tribu : 20 morts (165 victimes sur l’ensemble de la Réunion, dont 56 à Saint Paul), l’autres cyclones : Denise (1966) et Hyacynthe (1980).

Revirement de la politique publique – La politique du Domaine change dans les années 1950. Mafate compte alors plus de 2100 habitants mais l’exode est important et les services des Eaux et Forets ont un grand besoin de main d’oeuvre pour reboiser le cirque. Une politique d’amélioration des conditions de vie des mafatais est menée avec l’aide des collectivités locales afin d’inciter les mafatais à rester : les terres sont rachetées par le Domaine à l’amiable puis louées sous forme de concessions, les habitants sont regroupés dans les principaux îlets, le réseau d’eau est développé, les terres non agricoles sont reboisées, les sentiers sont remis en état et entretenus de façon durable, construction d’écoles, d’églises, de coopératives et de dispensaires. En 1960, alors qu’il reste à peine 1000 mafatais, commencèrent les premières rotations d’hélicoptères par la gendarmerie afin d’évacuer les malades. Enfin à partir de 1977, Héli-Réunion mettra en place des rotations d’hélicoptères pour transporter les denrées et les matériaux indispensables, puis ce sera à André Bègue de jouer un rôle important au niveau du cirque de Mafate à partir de 2002 avec sa compagnie Mafate Hélicoptère. L’électricité photovoltaïque (panneaux solaires) arrive dans presque chaque famille mafataise à partir de 1986, leur permettant un peu plus de modernité (lumière, télé, frigo, congélateur, lave linge). L’exode s’arrêtera finalement dans les années 1980 et le nombre de mafatais passera de 589 en 1982 à 755 en 2007 (Sources ONF).

 

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Version Noir & Blanc de Piton Papangue et Piton Canal - 15 août 2008

 

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Version Sepia de Piton Papangue et Piton Canal - 15 août 2008

 

 

Dernière mise à jour : 30 janvier 2018

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