Photographier les astres

Astrophotographie

Envie de photographier les étoiles – Nous sommes nombreux à avoir une soudaine envie de photographier les astres et beaucoup n’osent pas faire le pas, croyant que c’est difficile à faire avec un modeste appareil. Alors essayons d’éclaircir le chemin qui mène à la voie lactée. Photographier les astres relève de l’astrophotographie.

Plusieurs sous-catégories se distinguent en astrophotographie :

  1. Champ large ou Nightscape : photographie d’une grande portion du ciel avec un reflex et un objectif grand angle lumineux, avec ou sans un élément terrestre en premier plan. Il nécessite du matériel photo courant et des connaissances en retouche d’images.
  2. Planétaire : photographie de la lune et des planètes de notre système solaire (concerne les 7 autres planètes du système solaire et leurs satellites) avec un reflex, avec un téléobjectif pour la Lune ou bien une lunette apochromatique (jusqu’à une focale de 2000 mm en full frame pour que la lune remplisse presque le petit bord de l’image). Cela demande des connaissances en astronomie et du matériel plus pointu.
  3. Champ profond (« CP ») : photographie des objets très lointains et/ou diffus (galaxies, nébuleuses, amas ouverts et globulaires…), émettant peu de lumière. Un télescope ou une lunette sont alors obligatoires, avec un système de compensation de rotation de la Terre sur la monture (les temps de pose dépassent la minute). Un reflex peut être utilisé, réservé aux passionnés du ciel, le CP requiert de solides connaissances en astronomie et en retouche d’images.
  4. Grand champ : photographie d’astres errants tels que les comètes ou les astéroïdes, constellations en entier.
  5. Solaire : photographie de l’évolution des taches solaires et des changements d’apparence de la photosphère et de la chromosphère du soleil.
Depuis mon toit à Saint Paul, mais la pollution lumineuse a eu raison de ma photo
 

Les limites du matériel – Faute d’avoir le bon matériel (qui coûte au moins un bras), nous nous intéresserons dans cette page seulement au planétaire et au nightscape. Avertissement : attention, dès que vous commencerez à faire de la photographie nightscape, vous ne pourrez plus vous en passer. C’est un domaine très très prenant et étonnamment facile pour peu que l’on suive quelques règles de base, et le résultat peut être de superbes photos de nuit, et de la voie lactée.

La première règle :
Règle des 500 pour les capteurs plein format, règle des 300 pour les capteurs aps-c
Cette règle indique le temps d’exposition maximum en fonction de la longueur focale sans que les étoiles commencent à être floues.

  1. Temps maximum en seconde = 500 / longueur focale de l’objectif (pour les capteurs plein format)
  2. Temps maximum en seconde = 300 / longueur focale de l’objectif (pour les capteurs aps-c)

Photographier la lune :
Photographier la lune nécessite de très longues focales, et il faut par exemple un objectif de 2000 mm en full frame pour que la lune remplisse presque le petit bord de l’image. Vous pouvez choisir une ouverture de f/5.6 à f/8 et une vitesse proche de la sensibilité (1/125 pour 100 ISO, 1/500 pour 400 ISO). Donc photo sur trépied en général.

Photographie nightscape :
Faire des photos nightscape c’est faire des photos de nuit avec au moins une partie du ciel, et cela nécessite quelques informations de bases.

La voie lactée : c’est notre galaxie avec ses milliards d’étoiles. Elle est plus jolie à photographier dans l’hémisphère sud où l’on peut apprécier son bulbe. Pour photographier toute la partie visible depuis la Réunion, il faut faire plusieurs photos avec un objectif très grand angle, puis assembler les photos en une seule (stitch) car elle couvre une large partie du ciel. Pour vous faire une idée, vous pouvez installer le logiciel gratuit Stellarium qui montre une vue très réaliste du ciel vu depuis n’importe quel point de la terre. Bien sûr vous n’êtes pas obligé de montrer toute la partie visible de la voie lactée sur vos photos.

Vue très réaliste de la voie lactée depuis Saint Paul, avec Stellarium
 

Pollution lumineuse :
Faire des photos nightscape c’est faire des poses longues (15 à 30 secondes), avec une sensibilité élevée. Ces photos sont très sensibles à la polution lumineuse, c’est pourquoi vous devrez toujours vous éloingner au maximum de toutes les sources de polution lumineuse. On peut trouver ces cartes de polution lumineuse sur le site lightpollutionmap.info. Voici par exemple la carte de polution lumineuse de l’île de la Réunion en 2015.

Les photos :
Appliquez toujours la règle des 500 ou la règle des 300 en fonction de votre appareil photo. N’ayez pas peur d’utiliser des hautes sensibilités : 3200 iso, voire même 6400 iso. Ouvrez au maximum : f/3.5 , f/2.8 ou mieux encore f/1.8 ou f/1.4. Utilisez si possible un objectif grand angle voire même très grand angle, comme par exemple.

Pour les capteurs plein format :

  • Samyang 14mm f/2.8 : 90°
  • Canon fisheye 15mm f/2.8 : 180° en diagonale

Pour les capteurs aps-c :

  • Tokina AF 11-20mm f/2.8 PRO DX aps-c (18-32mm) : 102° – 70°
  • Samyang 10mm f/2.8 aps-c : 105°

Par défaut, et si vous n’avez pas d’objectif dédié très grand angle, vous avez au moins un zoom qui commence à 24mm en capteurs plein format ou 18mm en aps-c, et cela suffit largement pour commencer à se faire plaisir.

Les photos nightscape sont souvent faites avec les paramètres suivants :
Ce ne sont que quelques exemples pour vous faire comprendre qu’il faut : grand angle, grande ouverture, haute sensibilité.

  • 14mm ou 15mm en plein format : f/2.8 – 25 secondes – iso 3200
  • 24mm en plein format : f/2.8 – 15 secondes – iso 3200 à iso 6400
  • 18mm en aps-c : f/3.5 – 15 secondes – iso 6400
  • 18mm en aps-c : f/1.8 – 15 secondes – iso 2400

Les autres réglages au niveau de l’appareil :
Pour tous les autres paramètres et réglages, essayez ceux ci.

  1. Trépied (obligatoire)
  2. Mode M (obligatoire)
  3. Relevage du miroir si c’est possible (le miroir se relévera 2 secondes avant la prise de vue)
  4. Télécommande obligatoire pour éviter le flou de bougé lorsqu’on appuie sur le déclencheur, sinon utilisez la temporisation de 2 secondes
  5. Mise au point en mode manuel de préférence sur l’hyperfocale : voir les explications sur la page Formulaire pour photographe. Si cela vous pose problème alors faite la mise au point en autofocus sur un objet situé à environ 10 mètres et repasser en focus manuel (ça fonctionne bien pour tous les capteurs pour des distances focales entre 10mm et 24mm et une ouverture entre f/1.4 et f/4).
Carte de la pollution lumineuse à la Réunion (Cliquez sur la photo avant de la télécharger).
 

Dernière mise à jour : 8 avril 2016

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